
La Forme Physique et Mentale
(Extrait de Du bon Usage du soleil, version mise à jour et augmentée de Soleil Vital)
Que nous soyons des bureaucrates ou des athlètes, les effets des UV sur la forme sont considérables. Un exemple en est l'amélioration de la force, de l'endurance et du temps de récupération des muscles - et ceci inclut le muscle cardiaque. Une mise en forme entreprise au soleil ou sous une exposition aux UV est beaucoup plus efficace que sans. Lorsque la peau est exposée au soleil, le sang qui l'irrigue reçoit les UV et les autres radiations. La capacité du sang à transporter l'oxygène augmente et ceci se produit dans l'heure et dure des semaines. Ceci signifie que le cœur et les poumons seront soulagés car les rythmes respiratoire et cardiaque seront plus réduits. En même temps, la quantité d'oxygène apportée aux tissus, y compris les tissus du cœur, augmente.
Les muscles exposés directement au soleil montrent aussi certains effets locaux. Il y a une augmentation de l'irrigation sanguine à travers le muscle grâce à la détente des vaisseaux sanguins concomitante à l'augmentation mesurable de la température du muscle. En même temps la force et l'endurance musculaire augmentent. Après une seule exposition aux UV l'effet dure au moins cinq jours. Alors que l'amélioration de la circulation sanguine a un effet général - et exposer par exemple un bras aura des effets sur tout le corps - l'augmentation du flux sanguin à travers les muscles est un effet local et ne se produit que dans les muscles exposés aux UV.
Les Grecs appréciaient de façon évidente l'importance du soleil ; leurs athlètes s'entraînaient nus, exposant ainsi tous leurs muscles à ses bienfaits. Je crains que comme amélioration de la forme ceci soit moins bien perçu pour les Jeux Olympiques que ce ne l'était évidemment dans la Grèce Antique. Cependant on sait que les athlètes allemands ont utilisé les UV pour leurs entraînements en vue des Jeux de Sydney, avec des effets marqués sur leur forme. Il n'y a donc pas de raison que les gymnastes et clubs de mise en forme ne soient équipés d'éclairage plein spectre, permettant aux athlètes et aux clients de s'entraîner sous une lumière UV ; d'ailleurs quelques centres en sont maintenant pourvus. Il n'est pas nécessaire de s'entraîner nu mais il semble préférable d'éviter les textiles synthétiques car les fibres naturelles laissent mieux pénétrer les UV tout en absorbant mieux l'humidité et en nous gardant plus au sec. D'autre part, plus la matière est légère et plus la couleur est claire, plus les UV peuvent atteindre la peau. Il existe maintenant des vêtements de sport "transbronzants", relativement transparents aux UV, qui apportent les mêmes avantages.
La première étude importante dans ce domaine a été réalisée par Allen et Cureton en 1945. Lorsque un groupe d'étudiants en général non entraînés de l'université de l'Illinois a suivi un traitement aux UV ainsi que des cours d'éducation physique, leur pouls après l'exercice avait chuté en moyenne de plus de 10 pulsations. Les étudiants qui firent les mêmes exercices mais sans UV n'eurent qu'une amélioration de 3 pulsations. Le groupe UV a aussi remarqué que son temps de récupération s'était réduit de 30% et leur forme musculaire s'était améliorée de 50% de plus que celle du groupe de contrôle.
Mais les résultats les plus étonnants de cette étude furent relevés dans les tests cardio-vasculaires : le groupe UV s'était amélioré de près de 20% comparé à un simple 1,5% d'amélioration dans le groupe de contrôle. La forme cardio-vasculaire, dans ce cas fait référence à une mesure combinée de différents paramètres, tels que le pouls au repos, l'augmentation du pouls après l'effort, la tension artérielle couché et assis, l'augmentation de la tension artérielle après l'effort et le temps de retour du pouls à la normale après l'effort. Les étudiants rapportèrent aussi un intérêt et un enthousiasme accrus pour leur travail et il y a eu deux fois moins de rhumes dans le groupe UV que dans le groupe de contrôle.
Lorsque le département de médecine sportive du centre d'entraînement de l'équipe olympique allemande a mis en œuvre pour les Jeux Olympiques de Sydney un programme régulier d'exposition aux UV à un niveau sub-érythémateux, ils ont observé des améliorations remarquables allant même au delà de celles qu'Allen et Cureton avaient constaté. Il y avait non seulement des bienfaits cardio-vasculaires mais aussi au niveau immunitaire et encore plus intéressant, les athlètes avaient moins de problèmes de santé, se blessaient moins et se remettaient plus vite d'un éventuel problème.
Comment cela se produit-il ? Il y a une multitude de mécanismes concernés, depuis les processus physiques bien établis jusqu'aux aspects purement psychiques, en passant par une combinaison de ces deux gammes d'effets.
On observe chez ceux qui s'entraînent dans un environnement d'UV une augmentation du glycogène des muscles et du foie. Les hydrates de carbone des repas sont réduits en molécules de glucose qui, soit circulent dans le sang et sont immédiatement disponibles mais aussi vite perdues, soit sont stockées sous forme de glycogène pour un usage ultérieur. Les molécules de glycogène consistent en des milliers d'unités de sucre ou de glucose assemblés en petits amas. Chaque amas contient trente quatre molécules de glucose. Le glycogène représente la principale source d'énergie pour un effort physique normal et constitue le facteur limitant en endurance. Lorsque tout le glycogène disponible dans le muscle est consommé, le muscle dépend de l'énergie qui peut lui être apportée par le sang. Un des plus importants effets de l'entraînement physique est d'augmenter le stockage du glycogène dans le muscle et ceci explique pourquoi les athlètes ne font que des entraînements légers pendant les deux ou trois jours qui précédent un compétition car cela prend ce délai pour reconstituer la réserve de glycogène des muscles.
Lorsque les sportifs sont exposés aux UV, le niveau de glycogène dans leurs tissus chute dans la première heure ou à peu près, et les enzymes qui fabriquent le glycogène sont stimulées. Le niveau de glycogène stocké dans les tissus augmente rapidement pendant environ seize heures. A cause de cette durée, un éclairage UV ou le soleil pendant une ou deux journées précédant une compétition apparaîtrait être l'idéal. Il est clair aussi que les athlètes qui s'entraînent ou viennent de pays tropicaux ont un avantage sur ceux qui habitent dans le nord de l'Europe.
Parallèlement à l'augmentation du glycogène stocké, il y a une réduction du taux de sucre sanguin - ou plus précisément une normalisation d'un taux anormal. Bien que la plupart des cellules de notre corps ne dépendent pas du glucose car elles ont la possibilité d'utiliser leurs propres réserves de glycogène, le cerveau est lui très dépendant du glucose sanguin et en consomme jusqu'à 20%. En conséquence, l'état dans lequel nous nous sentons dépend beaucoup du niveau de glucose disponible. Lorsque le sucre sanguin est élevé, on se sent alerte, l'esprit clair, énergique; s'il est trop élevé, on peut se sentir tendu, anxieux et agité. C'est précisément cette gamme d'effets que nous ressentons après une tasse de thé ou de café corsé et c'est surtout en augmentant le taux de glucose sanguin que ces "poisons sociaux" fonctionnent.
Lorsque le taux de sucre sanguin diminue, nous tendons à nous sentir sans énergie, à somnoler, à devenir irritable et émotif. C'est alors que notre faiblesse innée s'exprime à travers une gamme de symptômes tels que migraines, évanouissements, hallucinations, crises de larmes ou de mauvaise humeur ou simplement endormissement au travail. Lorsque le taux de sucre est haut, c'est l'anxiété et la colère qui dominent, lorsqu'il est bas c'est la dépression et l'épuisement. Cela peut expliquer pourquoi beaucoup d'entre-nous deviennent par moment invivables ; lorsque notre sucre sanguin est bas, nous nous trouvons en plein effondrement en train de nous demander pourquoi tout le monde nous déteste. De nombreuses femmes remarquent que ce problème d'hypoglycémie - niveau de sucre bas - est accentué avant leurs règles.
L'effet de la lumière sur le taux de sucre sanguin est tout à fait remarquable et dépend de la longueur d'onde de la lumière utilisée. Le graphique suivant montre les taux de sucre sanguin de lapins exposés de façon constante à des éclairages de différentes couleurs. On remarque que les lumières bleue/verte n'ont pas grande influence tandis que le rouge provoque une élévation du taux et l'ultraviolet une réduction.
Cet effet a ensuite été confirmé par d'autres études sur des humains qui ont montré que le niveau de sucre chez les diabétiques était aussi abaissé par les UV. Les diabétiques ne produisent pas assez d'insuline, la molécule qui réduit le taux de sucre sanguin en le dirigeant vers les cellules. Leur taux de sucre est donc instable et ils doivent couramment se faire des piqûres d'insuline pour le réduire. Avant la seconde guerre mondiale, Pincussen a montré qu'avec des doses quotidiennes d'UV, il pouvait réduire très efficacement le taux de sucre de sujets normaux ou diabétiques. Il y avait une amélioration immédiate après le premier traitement et à la fin d'une période de deux semaines le taux de sucre s'était établi à la normale et y restait. La glycémie ne montre aucune tendance à tomber sous la normale alors il n'y a pas de raison de penser que les UV aient un effet hypoglycémiant dommageable. Dans ses études, les UV étaient directement appliqués sur le sang, lors d'une sorte de dialyse, et le résultat était rapidement sensible, indiquant que le processus ne passait pas par la production de vitamine D.
La vitamine D a aussi son importance car une carence réduit la sécrétion d'insuline jusqu'à un niveau qui peut devenir irréversible. L'augmentation du taux de vitamine D (et de calcium) a aussi un effet stimulant sur la production d'insuline par le pancréas, en particulier chez les personnes qui pour diverses raisons, incluant le diabète en produisent peu, et sont dépendantes du niveau d'UV à cet égard, avec des niveaux plus bas en hiver et dans les régions nordiques. De même, une supplémentation en vitamine D des jeunes enfants contribue à prévenir l'apparition du diabète juvénile ; cette supplémentation réduit leur risque de maladie d'un tiers mais supplémenter leurs mères pendant la grossesse a réduit le risque de deux tiers. En fait la vitamine D apparaît traiter presque toutes les composantes du diabète, ainsi que les problèmes liés, comme l'hypertension.
Une proportion de 10% d'UV et 90% de lumière visible produit le meilleur effet stabilisant de la glycémie chez les personnes en bonne santé, et obtient les meilleurs résultats pour augmenter les réserves de glycogène dans le foie et dans les muscles. Cette proportion, vous n'en serez pas étonné, est proche de celle qui existe dans la lumière solaire et c'est l'équilibre recherché dans les lampes modernes plein spectre.
L'insuline est aussi importante comme molécule qui régule une grande gamme de nutriments, et non seulement le sucre, à travers les parois cellulaires et dans les cellules. Sans elle il y aurait des problèmes de nutrition cellulaire même si l'alimentation était correcte.
(…) Le soleil peut aider de plusieurs façons à régler ce problème. D'abord en stimulant tout notre système hormonal et notre métabolisme il augmente l'efficacité avec laquelle nous utilisons les nutriments. Ensuite, en augmentant la production d'insuline, il permet l'acheminement efficace des nutriments vers nos cellules. Enfin, une augmentation de la production de vitamines D entraînera une augmentation de notre assimilation du calcium, du magnésium et des protéines de notre alimentation. Il y a souvent des carences en magnésium chez les athlètes et une supplémentation conduit souvent à une amélioration générale de la santé et aussi à de meilleures performances sportives.
Les hormones
La relation suivante entre la lumière et la forme passe par la glande pinéale, ce fameux troisième œil qui régule l'ensemble de notre équilibre hormonal. La glande pinéale produit la mélatonine en réponse à l'obscurité. L'effet de ce composé chimique consiste à nous rendre somnolent, prêt à dormir. Mais il se trouve que la glande pinéale régule aussi l'activité de la glande pituitaire. Cette petite glande à la base du cerveau produit des hormones qui contrôlent le fonctionnement de toutes les autres glandes endocrines et donc toutes les cellules du corps.
Les sécrétions de la glande pituitaire incluent une hormone stimulante de la thyroïde (TSH), une hormone stimulante des surrénales ou hormone adrénocorticotrophique (ACTH) et plusieurs autres hormones qui ont des effets sur les glandes sexuelles en particulier. Avec toutes les fonctions endocrines, ce n'est pas du genre "si une petite dose est bienfaisante, alors une dose importante le sera encore plus". Il faut un équilibre précis des hormones pour être en bonne santé et un excès est aussi dommageable qu'un manque.
Ceci a été prouvé par les travaux de Hollwich en 1980. Il a étudié en environnement de lumière naturelle puis de lumière artificielle les niveaux sanguins d'ACTH, l'hormone stimulante des surrénales. Après une quinzaine de jours sous un éclairage de fluorescent "blanc froid" les niveaux d'ACTH des personnes augmentaient jusqu'à atteindre des niveaux anormalement élevés, des niveaux de stress. Puis deux semaines de lumière naturelle les restituaient à la normale. Mais lorsqu'on utilisait des lampes plein spectre, il n'y avait pas d'augmentation significative d'ACTH. Dans les deux cas, l'intensité lumineuse était assez élevée, à 3 500 lux, pour supprimer la sécrétion de mélatonine. Il ne s'agissait pas d'un effet direct de la glande pinéale, facile à repérer, mais d'un autre mécanisme lié. Nous ne savons toujours pas comment ceci opère mais le fait est qu'une lumière artificielle avec un spectre différent de la lumière solaire crée un stress dans notre corps, même au bout d'une période de deux semaines, qui suffit à déclencher au niveau de la glande pituitaire une production excessive d'hormones.
(…) Le soleil atteignant la peau peut élever le taux d'hormones sexuelles dans le sang. Cet effet est connu depuis plus de 50 ans et a été à la base, par exemple, de techniques pour améliorer le taux de fertilité des poules. Mais la même chose se produit chez les humains. Lorsque des chercheurs ont appliqué des doses d'UV à des sujets à Boston, ils ont trouvé qu'une série de cinq expositions, de durée croissante, chacune d'entre elle suffisante pour produire un léger rougissement de la peau, pouvait doubler la production d'hormones mâles.
Cela correspond aux études qui ont montré que le taux de testostérone, la principale hormone mâle, augmentait de 20% en été pour atteindre une pointe en septembre. Chez les femmes l'effet est moindre mais quand même mesurable. La partie du corps exposée avait aussi de l'importance. Une certaine augmentation était atteinte quelle que soit la partie de la peau qui recevait l'irradiation tandis qu'exposer le dos provoquait un doublement des hormones et exposer les organes génitaux pouvait provoquer un triplement du niveau d'hormones. Le taux d'hormones mit quinze jours ou plus pour redescendre au point de départ et l'impact bénéfique sur la santé, le bien-être mental et la sexualité dure bien sûr plus longtemps avant de disparaître. En d'autres mots, une semaine au soleil peut faire la différence.
Bien sûr, plus grande sera la surface de la peau exposée au soleil, plus important sera l'effet. Doubler la surface de peau exposée doublera la quantité d'UV que nous pouvons absorber.
Tout ceci nous donne un nouvel éclairage sur le phénomène des romances estivales. Après une semaine au soleil nous nous sentons plus relaxés et donc moins inhibés, nos hormones sexuelles ont été multipliées et nos corps entiers sont accordés pour la reproduction. Et en plus, le sexe opposé le sait d'instinct.
Cerveau et rajeunissement solaire
Il y a un désordre dont on est certain qu'il interfère avec l'apport de nutriments au cerveau, c'est l'artériosclérose cérébrale, durcissement des artères du cerveau. Dans les cas les plus sévères cela peut conduire à un blocage complet de l'apport de sang à certaines zones du cerveau avec pour conséquences des convulsions ou des attaques, mais le plus souvent cela conduit à une lente détérioration du fonctionnement mental et du comportement. En Russie la valeur du soleil pour traiter de tels désordres est reconnue. Une étude publiée en 1966, concernant 150 patients, a rapporté que le fonctionnement mental de malades souffrant d'artériosclérose cérébrale était grandement amélioré par des bains de soleil réguliers.
Les pavillons de gériatrie de nos hôpitaux sont pleins de cas tragiques de personnes dont le cerveau s'est détérioré par suite d'artériosclérose mais dont le corps continue à fonctionner comme si tout allait bien. Ils représentent un fardeau pour le contribuable mais plus grave encore, ils sont une source constante de grief et de désespoir pour leurs proches. Comme il serait facile de tous les exposer à une lumière plein spectre contenant tous les composants nutritionnels nécessaires de la lumière visible et invisible. Installer de tels éclairages les aiderait à longueur de journée, jour après jour, pour un coût qui est tout à fait insignifiant en terme de budget de dépense de santé pour les personnes âgées. Bien sûr si les hôpitaux revenaient à un style de construction légèrement démodé, les patients pourraient sortir lorsqu'il y a du soleil mais il y a sans aucun doute des raisons bureaucratiques qui y voient des inconvénients.
Les gamins hip-hop
A l'autre extrémité de l'échelle des âges, John Ott avait remarqué l'effet de l'éclairage intérieur ordinaire sur l'hyperactivité. C'est à notre époque un problème croissant dans les écoles et dans les familles, aggravé sous éclairage artificiel. Parce que la lumière solaire a au contraire un effet apaisant et relaxant pour tout le monde, jeune ou vieux, cela avait un sens de voir si l'éclairage plein spectre faisait une différence pour les enfants hyperactifs. Une étude a été effectuée par un fabriquant américain de lampes et elle a donné des résultats étonnants.
Dans un environnement scolaire qui était presque entièrement éclairé par des tubes fluorescents, l'hyperactivité était un problème constant et important. Mais lorsque les tubes ordinaires furent remplacés par des tubes plein spectre, les choses se sont considérablement améliorées. Ces résultats furent enregistrés par une caméra vidéo cachée et l'étude des vidéos apporte une démonstration éclatante. Les enfants qui auparavant pouvaient à peine rester assis sur leur siège, commençaient à rester assis et à écouter. Le taux de punition pour fautes de comportement commença à baisser et la capacité d'apprentissage des enfants augmenta. Il est remarquable que les enfants qui étaient les plus mauvais au début furent ceux qui s'améliorèrent le plus.
Il semble donc que comme dans les hôpitaux, nous devrions installer des lampes plein spectre dans les écoles. Parce que les élèves se sentiraient mieux et seraient en meilleure santé physique, ils apprendraient aussi mieux et seraient moins indisciplinés.
La détoxication solaire
Une autre étude russe a étudié la capacité du corps à résister à des poisons et à les éliminer de l'organisme. Elle a conclu que "la tolérance de l'organisme aux substances chimiques dépend pour une grande part, de son exposition aux radiations UV ; elle décroît en cas de déficit d'UV et augmente avec des doses sub-érythémateuses". En d'autres mots nous n'avons pas besoin de brûler au soleil ni même de devenir bronzé pour bénéficier physiologiquement des UV.
Les Russes ont bien sûr plus d'opportunité que nous d'étudier le déficit en UV ou comme ils l'ont appelé la "famine de lumière". Ils ont aussi plus de raisons d'y trouver des traitements, mais à peine plus que nous, parce qu'à notre époque l'effet de vivre plus au nord est maintenant largement outrepassé par le fait de vivre en intérieur. C'est en fait comme si nous vivions dans des régions polaires si l'on considère la quantité de lumière que nous recevons un jour ordinaire. Si nous augmentions notre absorption de lumière -cette étude le déclare clairement- nous serions plus capables de résister aux effets dommageables de la pollution de l'environnement, et de la pollution de nos aliments et boissons.
Il a été démontré qu'une charge excessive en minéraux toxiques comme le plomb ou le cadmium pourrait conduire à l'hypertension, à des troubles cardiaques, à un état de malaise général et à la maladie. Mais les liens de loin les plus importants sont avec l'hyperactivité, les difficultés de comportement et d'apprentissage chez les enfants et même la dyslexie. Ce sont des problèmes de plus en plus importants. Les molécules biochimiques telles que les pesticides sont probablement un problème encore plus important car il est difficile de les éviter si nous voulons manger quelque chose. En raison du fait qu'une laitue risque d'avoir été traitée quatorze fois avec toute une gamme de produits chimiques avant qu'elle n'arrive dans notre saladier, il est juste de dire que nous sommes tous porteurs d'un fardeau de pesticides et autres produits chimiques dissous dans nos tissus graisseux. Ces produits chimiques agissent comme des neurotoxiques. Ils tuent les parasites en empoisonnant leur système nerveux et en les paralysant. Mais si le parasite a un système nerveux, alors ils est similaire à celui des humains, au moins par rapport aux pesticides, et il n'y a pas de raison que nous soyons insensibles aux effets des neurotoxiques.
Les résidus de pesticides ont été incriminés dans des cas de désordres psychiques, de faiblesse du système immunitaire, de cancer et encore plus pour la fatigue chronique, la dépression, l'état de malaise général et même dans des cas d'allergies multiples et du syndrome de la guerre du Golf. Si notre capacité et à résister aux effets dommageables de ces produits chimiques est proportionnelle à notre exposition aux UV, alors nous avons un traitement majeur tout prêt pour ce qui est clairement un problème croissant de santé publique.
Les malades que l'on a diagnostiqués avec des taux élevés de produits chimiques toxiques pourraient bénéficier du soleil ou d'un éclairage plein spectre pour augmenter leur tolérance par rapport à ces toxines. Mais il vaut toujours mieux prévenir que guérir et il est encore plus important de s'assurer que nos enfants mangent bio et reçoivent assez de soleil pour réduire autant que possible leur charge en toxines et prévenir le développement de telles maladies.
Vitamine D et mélatonine
(…) Nous savons maintenant que la vitamine D n'a pas seulement un effet sur le métabolisme du calcium et sur les os ; elle influence tous les organes, probablement toutes les cellules de notre organisme. Nous le savons grâce aux travaux de Stumpf et d'autres qui ont démontré qu'il y avait des récepteurs de la vitamine D dans tous ces tissus. Ce sont des molécules situées sur la paroi des cellules, spécialement attractives pour la vitamine D qui circule dans le sang. S'il y a un récepteur dans une cellule, alors la molécule messager (dans ce cas, la vitamine D) a un effet sur son fonctionnement. Nous commençons à connaître certains processus mais il y a une telle multitude de cellules avec des récepteurs de la vitamine D, qu'il faudra encore des années pour parvenir à des connaissances vraiment complètes.
Certains de ces effets sont indiqués par ailleurs dans ce livre. Ils comprennent la stimulation de :
- la digestion, pour mieux assimiler notre
nourriture
- le pancréas, pour mieux utiliser ce que nous absorbons
- le cœur, pour la circulation du sang, la meilleure distribution de l'oxygène
et des nutriments dans tout le corps
- la tyroïde et les glandes surrénales pour notre bien-être général
- nos organes génitaux pour notre capacité de reproduction
- les nerfs gouvernant nos muscles, afin que nos muscles soient plus forts.
La vitamine D a aussi un rôle important au niveau du cerveau et du système nerveux, et il y a pour cela des récepteurs dans l'ensemble de notre système nerveux. D'une façon schématique, cela se passe ainsi :
- dans l'obscurité, notre organisme produit la mélatonine qui nous aide à dormir et à réparer nos tissus pendant notre sommeil.
- dans la clarté du jour, nous produisons de la vitamine D qui stimule notre cerveau (ainsi que de nombreux autres organes), nous maintient éveillé, améliore notre humeur et nous tient prêt à l'action.
- nous avons besoin des deux faces de ce cycle, le côté de la lumière ET le côté de l'obscurité, afin de rester en bonne forme, physiquement et mentalement mais souvent, de nos jours, nous ne connaissons ni la vraie lumière du jour intense ni la véritable obscurité de la nuit, nous vivons trop souvent dans une sorte de crépuscule.
Nous vivons le même type de relations avec la lumière que de nombreuses espèces animales, et cela remonte loin en arrière dans l'arbre de l'évolution. Nos biorythmes, pas seulement du jour et de la nuit, mais aussi de l'été et de l'hiver, en découlent.
Il y a tant de mécanismes qui font que le soleil nous met en meilleure forme et nous rend en meilleure santé, qu'il vaut mieux oublier la science et tout simplement profiter et jouir autant que possible de ce don de la nature.
Extrait de Du bon usage du soleil, Dr Damien Downing, avec la collaboration de Jean Celle, Editions Jouvence, juin 2006.
Présentation du livre Du bon usage du soleil (2 pages - fichier PDF)